Insomnies : quand les écrans nous mettent à cran

20 à 30 % des Français tombent difficilement dans les bras de Morphée et 10 % souffrent d’insomnie chronique. Les téléphones et autres écrans, qui s'invitent désormais dans les chambres à coucher, en sont-ils responsables ?
« Il y a encore peu de temps, des niveaux faibles de lumière n’étaient pas supposés avoir d’impact sur le sommeil, commente Claude Gronfier de l’Institut cellule souche et cerveau. Or, des travaux récents menés à la Harvard Medical School de Boston révèlent que l’exposition prolongée, le soir, même à de très basses intensités (environ 20 lux pour un smartphone, 30 lux pour une tablette, 100 lux pour un ordinateur), dérègle l’horloge biologique ».



De même, une expérience conduite en 2016 par Raymond Najjar, de l’Institut de recherche sur l’œil de Singapour, révèle qu’être exposé la nuit, les yeux ouverts, à de brefs flashs de lumière (deux millisecondes) pendant une heure retarde davantage l’horloge biologique que le fait d’être soumis à une lumière continue pendant le même laps de temps. Un smartphone qui s’allume la nuit à la réception de SMS a donc de fortes chances de perturber l’horloge de sujets même endormis...

Et ce n’est pas tout. Certes, nous sommes tous sensibles à la lumière bleue des diodes électroluminescentes (LED) : elle augmente la sensation de bien-être et bloque la sécrétion de mélatonine (hormone favorisant l’endormissement). Mais la sensibilité nocturne aux écrans est d'autant plus forte que l'exposition à la lumière solaire est réduite pendant la journée. Or « l’horloge biologique fonctionne plus lentement à l’adolescence qu’à l’âge adulte et déclenche l’endormissement plus tard, poursuit Claude Gronfier. Ce retard est donc probablement amplifié chez les jeunes qui utilisent un écran avant de se coucher ».
Quant aux seniors, qu’ils ne se frottent pas trop vite les yeux ! Bien que le cristallin, les années passant, brunisse et laisse passer moins de lumière riche en longueurs d’onde bleues, cette opacification ne diminue pas la sensibilité de l’horloge biologique des sujets âgés à la lumière des écrans.

Source : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/sommeil