A bout de souffle ?

Vous êtes essoufflé(e) au moindre effort ? Vous toussez, crachez ? La cigarette fait partie de votre quotidien depuis plusieurs années ? Il est fort probable que vous souffriez de BPCO. Maladie liée au tabac, peu connue et pourtant meurtrière, la broncho pneumopathie chronique obstructive (ou BPCO) est très fréquente en Nouvelle-Calédonie. Si les symptômes peuvent être traités, la BPO n’en demeure pas moins une maladie chronique qui ne se guérit pas. Mieux vaut agir dès les premiers signaux d’alarme.
Stop au tabac
Dans 90% des cas, c’est le tabac qui est responsable de la maladie.

10 année de tabagisme à raison d’un paquet par jour suffisent pour développer la BPCO. Or, 42,5 % de la population adulte calédonienne déclare consommer du tabac tous les jours ; chez les 18-44 ans, une personne sur deux est un fumeur quotidien ! L’arrêt du tabac est le premier des traitements, il est toujours bénéfique quel que soit le nombre d’années de tabagisme. Il n’est jamais trop tard pour arrêter même si le plus tôt est le mieux*.
Quand faut-il s’inquiéter ?
L’inhalation de la fumée du tabac irrite les bronches. Cette irritation s’accompagne d’une inflammation réduisant le passage de l’air : on tousse, on crache. C’est le premier signe d’alerte. L’irritation régulière va entraîner une production excessive de mucus dans les bronches qui ne peut pas s’évacuer normalement car les cils des poumons sont paralysés par le tabac. C’est l’essoufflement qui apparaît progressivement jusqu’à limiter les gestes de la vie quotidienne : monter un escalier, pousser son chariot de courses, etc.

Silencieuse à ses débuts, la maladie peut rapidement se généraliser : l’essoufflement oblige à arrêter l’activité physique, le muscle fond, la fatigue s’installe, menant au handicap respiratoire lequel conduit souvent à l’insuffisance respiratoire. En période d’aggravation de la maladie, une hospitalisation peut être nécessaire.
Changer radicalement ses habitudes
Pour augmenter sa tolérance à l’effort tout en améliorant ses symptômes (essoufflement, crachats, toux, fatigue), le malade atteint de BPCO doit bénéficier d’une prise en charge multidisciplinaire : de l’exercice physique adapté et journalier, un soutien psychologique ainsi qu’un suivi nutritionnel sont indispensables. Souvent des médicaments bronchodilatateurs voire de l’oxygène sont également nécessaires.

Pour mieux vivre avec sa maladie, ralentir sa progression et prévenir les complications, le Centre d’éducation thérapeutique de l’Agence sanitaire et sociale (ASS-NC) propose des stages pour mieux gérer sa maladie au quotidien et devenir acteur de son traitement. Avec le soutien de son pneumologue, de son médecin traitant et de personnes ressources, le patient peut parvenir à changer profondément ses habitudes de vie… à vie.

 
­* Plusieurs dispositifs existent pour vous aider à arrêter de fumer, demandez conseil auprès de votre médecin généraliste. Une aide au sevrage tabagique est proposée par la MDF.
 
 
Sources : ASS-NC, baromètre santé adulte 2015, Santé NC